Le SIA à Meknès : Quand la diplomatie verte franco-marocaine prend racine

L’édition 2025 du SIAM à Meknès accueille la France comme invitée d’honneur. Une participation qui s’inscrit dans la continuité des relations diplomatiques renforcées entre Rabat et Paris, notamment depuis la visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc, du 28 au 30 octobre 2024.

À l’occasion de la 17e édition du Salon international de l’Agriculture au Maroc (SIAM), organisée à Meknès du 21 au 27 avril 2025 sous le thème « Agriculture et monde rural : l’eau au cœur du développement durable », la France est l’invitée d’honneur. Une délégation conduite par le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, prend part à cette édition aux côtés de responsables agricoles, de professionnels du secteur et du président du Salon International de l’Agriculture (SIA), Jérôme Despey.

Pour ce dernier, cette participation « est un signal fort ». Il souligne que « le SIA s’affirme ici comme un catalyseur de coopérations internationales » et que « cette présence à Meknès en est une belle illustration ». Selon lui, cette démarche s’inscrit dans une volonté de « faire dialoguer les agricultures, valoriser les filières d’excellence et renforcer la diplomatie agricole ». Une diplomatie qu’il qualifie de « verte », permettant de « se dire les choses, de partager ce qui va bien comme ce qui peut mieux aller, avec un seul objectif : coopérer et trouver des solutions gagnantes ».


Des échanges d’honneurs inédits entre Paris et Meknès

L’année 2025 marque une étape importante dans les relations agricoles entre la France et le Maroc. En février, le Maroc a été l’invité d’honneur du SIA de Paris — une première dans l’histoire du salon. Le pavillon marocain, étendu sur plus de 470 m², a mis à l’honneur les produits du terroir issus de 76 coopératives, représentant environ 2 000 petits agriculteurs de l’ensemble des régions du Royaume. Cette participation, saluée par les autorités françaises, a été perçue comme un signal fort de reconnaissance du modèle agricole marocain.

Deux mois plus tard, la France prend le relais en tant qu’invitée d’honneur au SIAM de Meknès. Ce geste réciproque illustre une volonté politique partagée d’ériger les salons agricoles en plateformes de dialogue stratégique et d’action commune. Les échanges entre les deux pays s’étendent à des thématiques prioritaires telles que l’AgriTech, la génétique végétale et animale, ou encore la gestion des ressources en eau — un enjeu particulièrement sensible des deux côtés de la Méditerranée.

Une ambition de coopération structurée et durable

Jérôme Despey affirme que « le lien noué avec le SIAM s’inscrit pleinement dans l’ambition d’une vraie dimension internationale pour le SIA ». Il précise : « Disons-le franchement : nous voulons désormais un pays à l’honneur chaque année, et une zone “affaires” dans notre salon pour permettre la signature de contrats concrets. »

Évoquant les perspectives d’avenir, il déclare : « Pourquoi pas demain, accueillir des présentations animales venues d’ailleurs ? Ce serait un geste symbolique, positif, à l’image de ce lien de confiance. Et nous n’imaginerions pas faire cela sans associer le Maroc. » Il indique également avoir eu « un long échange avec le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, dont le volontarisme agricole est un vrai gage d’avenir ».

Enfin, sur la thématique de l’eau, Jérôme Despey reconnaît que « l’eau est devenue un enjeu majeur pour nos agricultures. C’est à la fois un bien commun à préserver, un levier d’innovation, et l’un des défis les plus pressants auxquels nous faisons face ». Il salue l’expertise du Maroc, qui a « développé une véritable compétence en matière de gestion de la ressource », appelant à « partager nos expériences, nous aider mutuellement », pour faire émerger « une agriculture plus sobre, plus résiliente, et plus durable ».

Les plus lus

Rita Zniber interdite de quitter le Maroc : les dessous d’une guerre d’héritage

Une plainte pour faux déposée par son beau-fils, des reconnaissances de dettes de 14,4 millions de dirhams et une contre-offensive pour chantage : Jeune Afrique dévoile les contours du nouvel épisode judiciaire qui touche la patronne de Diana Holding. Une affaire dont l’écho reste discret au regard du poids de ses protagonistes.

Emploi, formation et inclusion économique : Sekkouri passe le relais à quatre ministres

L’une des particularités du gouvernement El Mansouri tient à l’éclatement du portefeuille de Younes Sekkouri : l’emploi, la formation professionnelle et l’inclusion économique sont désormais répartis entre trois ministères. Cette réorganisation peut se lire comme un retour d’expérience sur cinq années à la tête d’un ensemble au croisement de plusieurs départements, avec les chevauchements de compétences et les difficultés de coordination que cette configuration pouvait entraîner. Vendredi 16 octobre à Rabat, Younes Sekkouri a passé le relais à Abderrahim Chahid, Ryad Mezzour, Nabil Benabdallah et Madiha Khayr.

Maroc : le fisc et l’Office des Changes traquent des milliards de dirhams dissimulés dans 84 pays

Selon Al Arabiya, l’Office des Changes et la Direction générale des impôts examinent des comptes et avoirs détenus par des Marocains dans 84 pays. Dix-sept entreprises et des influenceurs figureraient parmi les dossiers examinés.

Composition complète du gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri

La liste officielle des membres du nouveau gouvernement marocain dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri et les portefeuilles de chaque ministre.

Youns Bjijou : de la médecine universitaire et des fondations sanitaires au ministère de la Santé

Médecin, universitaire et directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, Youns Bjijou est nommé à la Santé et à la Protection sociale.

Sebta : ABC désavoué par la Guardia Civil après une accusation d’incursion navale marocaine

La Guardia Civil dément les affirmations d’ABC sur une prétendue incursion navale marocaine à Sebta le 15 octobre. Madrid qualifie l’information de « fausse ». Le quotidien invoquait pourtant des sources policières.

Emploi, formation et inclusion économique : Sekkouri passe le relais à quatre ministres

L’une des particularités du gouvernement El Mansouri tient à l’éclatement du portefeuille de Younes Sekkouri : l’emploi, la formation professionnelle et l’inclusion économique sont désormais répartis entre trois ministères. Cette réorganisation peut se lire comme un retour d’expérience sur cinq années à la tête d’un ensemble au croisement de plusieurs départements, avec les chevauchements de compétences et les difficultés de coordination que cette configuration pouvait entraîner. Vendredi 16 octobre à Rabat, Younes Sekkouri a passé le relais à Abderrahim Chahid, Ryad Mezzour, Nabil Benabdallah et Madiha Khayr.

Abdessamad Kayouh : du commerce international aux responsabilités ministérielles

Né à Oulad Teima, diplômé en commerce international, Abdessamad Kayouh a exercé des mandats locaux et parlementaires avant ses responsabilités ministérielles.

Youns Bjijou : de la médecine universitaire et des fondations sanitaires au ministère de la Santé

Médecin, universitaire et directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, Youns Bjijou est nommé à la Santé et à la Protection sociale.

Najwa Koukouss : du barreau de Casablanca aux dossiers de la Famille et de l’Égalité

Avocate et députée depuis 2021, Najwa Koukouss a travaillé sur l’égalité, la parité et la diplomatie parlementaire. Elle est nommée à la Famille et au Développement social.

Jalal Charaf : un parcours entre entreprises, OCP, CGEM et UM6P avant le Tourisme

Ancien dirigeant de la CGEM et responsable à l’OCP puis à l’UM6P, Jalal Charaf devient ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie solidaire.

Khalid Hatimy : un dirigeant d’entreprise à la tête de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

Formé à la stratégie d’entreprise à Emory, Khalid Hatimy a plus de trente ans d’expérience dans l’industrie, l’agroalimentaire et l’agriculture. Il a été député de 2021 à 2026.

Nabil Benabdallah : de la Communication et de l’Habitat à l’Éducation nationale

Diplômé de l’INALCO, ancien ministre de la Communication et de l’Habitat et ancien ambassadeur à Rome, Nabil Benabdallah prend la tête de l’Éducation nationale.

Related Articles

Focus Thématiques