« Nous sommes de retour à Téhéran » : l’Espagne rouvre son ambassade en Iran et brise le front occidental

L’Espagne a officiellement rouvert, lundi 13 avril, son ambassade à Téhéran, quelques jours après avoir annoncé son intention de rétablir sa présence diplomatique dans la capitale iranienne. Madrid devient ainsi le premier pays occidental à reprendre ses activités diplomatiques en Iran depuis l’entrée en vigueur, le 8 avril, de la trêve de deux semaines conclue entre Washington et Téhéran.

Dans un message publié sur X, l’ambassade d’Espagne en Iran a annoncé de manière explicite son retour à Téhéran après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, en soulignant que la reprise de ses activités s’inscrivait dans un engagement concret en faveur de la paix.


La représentation diplomatique espagnole a précisé que l’ambassadeur Antonio Sánchez-Benedito Gaspar, entouré de l’équipe diplomatique et du personnel local, reprenait ses fonctions avec la volonté de contribuer, depuis Téhéran même, aux efforts de stabilisation. L’ambassadeur a lui-même relayé cette réouverture, affirmant avoir rouvert la mission espagnole avec son « équipe engagée » afin de se joindre « aux efforts pour la paix depuis tous les fronts possibles », conformément aux instructions du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares.

Pour matérialiser ce retour, il a également publié deux photographies le montrant devant l’entrée de l’ambassade, aux côtés de plusieurs membres du personnel de la légation diplomatique.

Cette réouverture donne une traduction concrète à l’annonce formulée à Madrid le 9 avril par José Manuel Albares. Le chef de la diplomatie espagnole avait alors expliqué que son pays voulait se joindre à l’effort de paix « sur tous les fronts possibles », y compris depuis la capitale iranienne. Il avait également précisé avoir informé son homologue iranien, Abbas Araghchi, de cette décision.

L’ambassade espagnole avait été évacuée le 7 mars, dans un contexte de bombardements, après avoir facilité le départ des ressortissants espagnols qui souhaitaient quitter l’Iran. Selon EFE, environ 130 Espagnols avaient alors fait le choix de rester sur place.

Ce retour à Téhéran s’inscrit dans une posture diplomatique plus large adoptée par le gouvernement de Pedro Sánchez depuis le début de la guerre lancée le 28 février contre l’Iran. Madrid s’est distingué par un discours particulièrement critique envers l’escalade militaire, tout en refusant l’utilisation des bases espagnoles de Rota et Morón dans le cadre d’opérations contre Téhéran. Reuters a également rapporté que l’Espagne avait fermé son espace aérien aux appareils américains impliqués dans cette guerre.

La réouverture de l’ambassade espagnole a été vivement critiquée par Israël, dont le ministre des Affaires étrangères a accusé Madrid d’agir « main dans la main » avec le régime iranien. Le gouvernement espagnol présente au contraire cette décision comme un acte diplomatique au service de l’apaisement et d’une reprise du dialogue.

Dans la presse iranienne, cette initiative est d’ores et déjà interprétée comme le signe le plus net, à ce stade, de l’opposition espagnole à la stratégie de guerre portée par Washington et Tel-Aviv. Cette lecture relève d’un cadrage politique local, mais elle illustre la portée symbolique prise par le geste espagnol dans la région.

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