Les départs massifs vers Sebta ont provoqué une pénurie brutale de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs du nord du Maroc. Hôtels, restaurants, entreprises de propreté et chantiers du bâtiment ont dû réduire ou interrompre leurs activités après l’absence soudaine de dizaines de salariés.
La crise de Sebta produit déjà ses premières conséquences économiques de l’autre côté de la frontière. Dans l’axe Tétouan-M’diq-Fnideq, plusieurs employeurs ont découvert jeudi qu’une partie de leurs salariés avait quitté son poste pour tenter de rejoindre la ville sous administration espagnole.
Selon des informations recueillies localement, près de 40 employés du Sofitel Tamuda Bay auraient figuré parmi les départs. Plusieurs restaurants de grands hôtels de la région auraient également été contraints de fermer temporairement, faute de personnel suffisant en cuisine, en salle, à l’entretien ou dans les services techniques.
Le phénomène touche aussi la restauration indépendante. À Fnideq, M’diq et Martil, des cafés et restaurants ont dû réduire leur service ou rappeler du personnel en urgence pour compenser les absences.
Des chantiers ralentis
Le secteur du bâtiment est également affecté. Des entrepreneurs et chefs de chantier signalent l’absence soudaine d’ouvriers, notamment parmi les maçons, manœuvres, peintres et autres travailleurs journaliers.
Certains chantiers auraient été ralentis, voire temporairement interrompus, en raison d’équipes incomplètes. Le BTP local repose largement sur une main-d’œuvre recrutée à la journée, ce qui rend les entreprises particulièrement vulnérables à des départs massifs et non anticipés.
Une publication locale affirme par ailleurs qu’environ 50 agents de l’entreprise de propreté Mecomar figuraient parmi les personnes parties vers Sebta. Si ce chiffre est confirmé, leur absence pourrait également perturber la collecte des déchets et l’entretien des espaces publics à Fnideq.
Même les salariés sont partis
Ces départs montrent que le mouvement n’a pas concerné uniquement des personnes sans emploi. Des salariés disposant d’un revenu dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment ou les services publics ont également abandonné leur activité en quelques heures.
L’impact est particulièrement sensible en pleine saison estivale, lorsque les hôtels, les restaurants et les chantiers touristiques fonctionnent à plein régime. Le remplacement immédiat de ces travailleurs reste difficile, plusieurs métiers exigeant une expérience ou une connaissance préalable des sites.
Le retour vers le Maroc d’une grande partie des personnes entrées à Sebta pourrait limiter la durée des perturbations. Il reste toutefois à déterminer combien de salariés reprendront effectivement leur poste et comment les entreprises géreront ces absences.


