Dans une publication en français sur X, mercredi 4 novembre, le ministre roumain des Affaires étrangères, Dan Neculăescu, a réaffirmé le soutien de Bucarest au plan marocain d’autonomie pour le Sahara, à l’issue d’un entretien avec Nasser Bourita. Une position également confirmée par le ministère marocain des Affaires étrangères, quelques jours après la fin du mandat de la MINURSO, sur fond d’échanges entre les deux pays autour de la Francophonie.
La Roumanie confirme sa position sur le Sahara marocain. Dans un message publié mercredi 4 novembre 2026 sur le réseau social X, le ministre roumain des Affaires étrangères, Dan Neculăescu, a rendu compte d’un entretien téléphonique tenu la veille avec son homologue marocain, Nasser Bourita, au cours duquel les deux responsables ont abordé les relations bilatérales, la question du Sahara et les prochaines échéances de la Francophonie.
Le chef de la diplomatie roumaine a réaffirmé la position de Bucarest, qu’il présente comme « fondée sur le droit international », tout en saluant l’engagement constructif du Maroc.
Il a notamment qualifié le plan marocain d’autonomie de « base la plus adéquate, sérieuse, crédible et réaliste » pour parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable du différend.
DÉCLARATION DIPLOMATIQUE · SAHARA
Le ministre roumain fait état de son entretien téléphonique du 3 novembre avec Nasser Bourita, consacré au renforcement des relations bilatérales.
Sur le Sahara, il confirme la position de Bucarest, fondée sur le droit international, et salue l’engagement constructif du Maroc.
« Son plan d’autonomie constitue la base la plus adéquate, sérieuse, crédible et réaliste pour une solution juste, durable et mutuellement acceptable. »
L’entretien a également porté sur le prochain Sommet de la Francophonie et sur la candidature roumaine au secrétariat général de l’OIF.
Dans un communiqué consacré à cet entretien téléphonique du mardi 3 novembre, le ministère marocain des Affaires étrangères reprend la même appréciation du plan d’autonomie, présenté par Dan Neculăescu comme la base « la plus adéquate, sérieuse, crédible et réaliste » pour parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable à la question du Sahara marocain.
Une confirmation dans un contexte onusien profondément modifié
La déclaration de Dan Neculăescu intervient dans un contexte diplomatique particulier. Le 30 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas réussi à renouveler le mandat de la MINURSO, à la suite de l’échec de deux projets de résolution concurrents, américain et russe.
La mission, présente depuis 1991, a ainsi vu son mandat expirer le 31 octobre. L’ONU a engagé son retrait opérationnel, tout en maintenant la possibilité de poursuivre ses efforts diplomatiques par l’intermédiaire de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura.
La résolution 2797, adoptée en octobre 2025, avait déjà consacré le plan marocain d’autonomie comme base des négociations politiques, tout en maintenant l’objectif d’une solution mutuellement acceptable conforme à la Charte des Nations unies.
Dans ce contexte, la confirmation de la position roumaine revêt une portée particulière. Bucarest réaffirme son appréciation favorable de l’initiative marocaine au moment où le cadre opérationnel de l’engagement onusien connaît une transformation majeure.
La Francophonie, autre enjeu de l’entretien
L’autre dimension de cette conversation concerne l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Dan Neculăescu a indiqué avoir évoqué avec Nasser Bourita le prochain Sommet de la Francophonie, prévu les 15 et 16 novembre à Phnom Penh, au Cambodge, ainsi que la candidature de la Roumanie au poste de secrétaire général de l’organisation.
Bucarest présente Dacian Cioloș, ancien Premier ministre roumain et ancien commissaire européen à l’Agriculture, pour le mandat 2027-2030.
Il affrontera trois candidatures africaines : celle de la secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, celle de la Congolaise Juliana Amato Lumumba et celle de la Mauritanienne Coumba Bâ.
Le scrutin, prévu le 16 novembre, constitue une échéance institutionnelle importante pour une organisation qui a engagé une réforme de son mode de désignation, avec des candidatures formalisées et des auditions ministérielles.
La présence de ce dossier dans les échanges entre Rabat et Bucarest n’est donc pas secondaire. Elle intervient à quelques jours d’une élection où les positions des États membres de plein droit seront déterminantes.
Nommé le 20 octobre à la tête de la diplomatie roumaine, après une longue carrière au ministère des Affaires étrangères et une expérience comme représentant permanent auprès de l’OTAN, Dan Neculăescu inscrit ainsi ses premiers échanges avec Rabat dans une double perspective.
D’un côté, la continuité d’une position favorable au plan marocain d’autonomie, dans une période de recomposition du dossier saharien. De l’autre, la recherche d’un dialogue politique plus étroit avec le Maroc, notamment dans les enceintes multilatérales.
La formulation publique choisie par le ministre roumain, directement en français, donne à cette conversation une visibilité particulière auprès des interlocuteurs marocains et de l’espace francophone.



