Candidate des Émirats arabes unis à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies, Lana Nusseibeh a publiquement remercié le Royaume du Maroc pour son soutien et sa confiance. Cet échange diplomatique intervient alors que la compétition pour la direction de l’ONU se poursuit, sur fond de divisions au Conseil de sécurité et d’interrogations sur l’avenir du multilatéralisme.
Lana Zaki Nusseibeh, ministre d’État émiratie et ancienne représentante permanente des Émirats arabes unis auprès des Nations unies, a adressé, le 26 octobre 2026, un message de remerciement au Maroc après l’annonce du soutien de Rabat à sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU.
Dans une publication diffusée en arabe et en anglais sur le réseau social X, la diplomate a salué la position du Royaume, tout en soulignant une convergence de vues sur les défis auxquels l’organisation internationale doit répondre.
« Je remercie le Royaume du Maroc pour son soutien et la confiance qu’il accorde à ma candidature. Je partage la conviction du Maroc selon laquelle le moment est venu de renforcer le multilatéralisme et le rôle des Nations unies dans la préservation de la paix et de la sécurité internationales. Une ONU plus efficace, solidement ancrée dans les principes de sa Charte, est indispensable pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés », a-t-elle déclaré.
Ce message répond à l’appui exprimé par la mission permanente du Maroc auprès des Nations unies. Rabat considère que l’expérience professionnelle de Lana Nusseibeh, son parcours institutionnel et sa connaissance des mécanismes onusiens constituent des qualifications pour exercer les responsabilités de secrétaire général.
Le 27 octobre, lors du dialogue interactif organisé à l’Assemblée générale de l’ONU avec la candidate, le représentant du Maroc a réaffirmé ce soutien. Il a souligné la nécessité de renforcer l’action multilatérale et de restaurer l’efficacité des Nations unies face à la multiplication des conflits et à l’érosion de la confiance dans la coopération internationale, selon la transcription de cette séance.
Une diplomate expérimentée dans les rouages de l’ONU
Officiellement présentée le 21 octobre 2026 par les Émirats arabes unis, la candidature de Lana Nusseibeh repose sur un long parcours dans les affaires diplomatiques et multilatérales.
Représentante permanente de son pays auprès des Nations unies entre 2013 et 2024, elle a notamment exercé la présidence du Conseil de sécurité à deux reprises durant le mandat émirati de 2022-2023. Elle a également occupé les fonctions de vice-présidente de l’Assemblée générale et de présidente du conseil d’administration d’ONU Femmes.
Son programme défend une organisation davantage tournée vers la prévention des conflits, la médiation, la recherche d’accords diplomatiques concrets et une réforme de son fonctionnement interne.
Pour le Maroc, cet appui constitue aussi un signal diplomatique adressé à Abou Dhabi, partenaire stratégique du Royaume. Il traduit une convergence affichée sur la nécessité de préserver la place des Nations unies dans la gestion des crises internationales, sans préjuger des négociations qui détermineront la nomination du prochain secrétaire général.
ONU : la géographie des soutiens à Lana Nusseibeh
Présentée par les Émirats arabes unis, la candidature de Lana Nusseibeh a reçu l’appui collectif des États du Golfe et des prises de position favorables en Afrique, dans le monde arabe, en Europe et en Asie-Pacifique.
Arabie saoudite · Bahreïn · Émirats arabes unis (pays proposant) · Koweït · Oman · Qatar
Maroc · Égypte · Irak · Jordanie · Liban · Mauritanie · Palestine
Bénin · Comores · Guinée équatoriale · Seychelles · Tchad · Zambie · RD Congo (accueil favorable)
Albanie · Chypre · Géorgie · Grèce · Kazakhstan · Macédoine du Nord · Monténégro · Ouzbékistan
Maldives · Palaos
Appui non gouvernemental : le Forum international des femmes arabes (AIWF) a annoncé son soutien le 29 octobre.
Une compétition encore ouverte au Conseil de sécurité
La course à la succession d’António Guterres demeure toutefois disputée. Selon les résultats du huitième scrutin indicatif organisé le 5 novembre 2026 au Conseil de sécurité, rapportés par Reuters, Lana Nusseibeh a recueilli sept avis favorables, six défavorables et deux sans opinion exprimée, un résultat identique à celui du scrutin précédent du 30 octobre.
La Costaricienne Rebeca Grynspan a obtenu douze avis favorables, contre neuf pour l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et huit pour Carolyn Rodrigues-Birkett, représentante du Guyana auprès des Nations unies.
Ces consultations informelles ne constituent pas une désignation officielle. Elles permettent aux quinze membres du Conseil de sécurité d’évaluer les candidatures avant une recommandation formelle à l’Assemblée générale.
En vertu de l’article 97 de la Charte des Nations unies, le futur secrétaire général devra obtenir la recommandation du Conseil de sécurité, ce qui suppose au moins neuf voix favorables et l’absence de veto de l’un des cinq membres permanents.
Le successeur d’António Guterres doit prendre ses fonctions le 1er janvier 2027, au terme des deux mandats du diplomate portugais. Cette nomination pourrait également marquer une première historique : depuis la création des Nations unies en 1945, aucune femme n’a encore occupé la fonction de secrétaire général.
Pour Lana Nusseibeh, le soutien exprimé par le Maroc vient ainsi s’ajouter aux appuis diplomatiques déjà enregistrés par sa candidature. Reste désormais à transformer ces soutiens politiques en un consensus au sein du Conseil de sécurité, où se décidera l’issue de la succession à la tête de l’organisation internationale.



