Bloomberg : Le Maroc dépasse l’Afrique du Sud et devient la 4e destination d’investissement la plus attractive en Afrique

Le signal vient de Johannesburg. Dans son classement 2026-2027 des économies africaines les plus attractives pour les investisseurs, la banque d’affaires sud-africaine Rand Merchant Bank (RMB) place désormais le Maroc au quatrième rang, devant l’Afrique du Sud. Une progression qui consacre plusieurs années de transformation industrielle, de diversification des exportations et d’investissements dans les infrastructures.

Le Maroc vient de franchir un nouveau palier dans la hiérarchie économique africaine. Selon le rapport Where to Invest in Africa 2026/2027, publié le 27 octobre par Rand Merchant Bank (RMB), filiale du groupe financier sud-africain FirstRand, le Royaume gagne une place et dépasse l’Afrique du Sud dans le classement continental de l’attractivité des investissements, comme l’a rapporté Bloomberg.

Le résultat est d’autant plus significatif qu’il émane d’un établissement financier basé à Johannesburg, au cœur de l’une des économies les plus industrialisées du continent.

Le Maroc devient ainsi la quatrième destination africaine la plus attractive pour les investisseurs, derrière les Seychelles, Maurice et l’Égypte, qui conservent leurs positions pour la troisième année consécutive. L’Afrique du Sud recule au cinquième rang.

Économie / AfriqueClassement RMB · 2026-2027
Le Maroc passe devant l’Afrique du Sud

Le nouveau rapport de Rand Merchant Bank place le Royaume au 4e rang des destinations africaines les plus attractives pour investir.

4e
position du Maroc sur 31 pays étudiés
↑ 1 place

Top 5 africain

Attractivité des investissements · 2026-2027

  1. 01Seychelles
  2. 02Maurice
  3. 03Égypte
  4. 04Maroc↑ 1 place
  5. 05Afrique du Sud↓ 1 place

Croissance économique

Progression du PIB en 2025 · comparaison en %

+ 3,8 ptsd’écart de croissance en faveur du Maroc en 2025

Investissements directs étrangers au Maroc

Flux entrants, en milliards de dollars

3,34 Md$ en 2025+ 91 %
2024
1,75 Md$
2025
3,34 Md$

Données CNUCED arrondies · Échelle commune de 0 à 3,5 Md$

L’industrialisation marocaine fait la différence

Pour RMB, cette évolution repose d’abord sur des transformations économiques engagées depuis plusieurs années.

La banque met en avant la réussite du processus d’industrialisation marocain, la diversification de ses exportations, la modernisation des infrastructures et la stabilité de son environnement macroéconomique.

L’automobile occupe une place centrale dans cette appréciation.

Autour des implantations de Renault à Tanger et de Stellantis à Kénitra, le Maroc a constitué un écosystème industriel intégré aux chaînes internationales de production, soutenu par des équipementiers, des plateformes logistiques et des infrastructures portuaires de premier plan.

Le complexe Tanger Med illustre cette articulation entre politique industrielle, connectivité maritime et accès aux marchés européens.

Cette dynamique s’étend également à l’aéronautique, aux énergies renouvelables et aux activités industrielles à plus forte valeur ajoutée.

Le rapport souligne ainsi l’émergence du Maroc parmi les principales plateformes manufacturières africaines, capable d’attirer les investisseurs internationaux et de consolider sa présence dans les chaînes de valeur mondiales.

Deux trajectoires de croissance qui divergent

La comparaison entre Rabat et Pretoria met en évidence un écart économique particulièrement marqué.

En 2025, l’économie marocaine a progressé de 4,9 %, contre 1,1 % pour l’Afrique du Sud, selon les chiffres repris dans le classement.

Ces chiffres traduisent deux dynamiques différentes :

  1. Le Maroc bénéficie de l’expansion de son appareil productif, de l’investissement dans les infrastructures et d’une diversification progressive de ses moteurs de croissance.
  2. L’Afrique du Sud conserve, pour sa part, des avantages structurels considérables, notamment la profondeur de ses marchés financiers, un tissu industriel développé et des institutions économiques établies.

Mais Pretoria continue de subir les conséquences de plusieurs années de croissance faible, de difficultés énergétiques et de dysfonctionnements logistiques qui pénalisent sa compétitivité.

RMB reconnaît les progrès sud-africains en matière de sécurité énergétique et de réformes économiques. Ces améliorations n’ont toutefois pas suffi à compenser l’avantage acquis par le Maroc sur le terrain de la croissance et de la transformation industrielle.

L’investissement étranger confirme la tendance

L’attractivité marocaine se manifeste également dans l’évolution des investissements directs étrangers.

Selon les données de la CNUCED, les flux entrants d’investissements directs étrangers au Maroc ont atteint environ 3,3 milliards de dollars en 2025, contre 1,75 milliard un an auparavant, soit une progression de l’ordre de 91 %.

Cette évolution accompagne le développement des capacités industrielles, l’intégration croissante aux chaînes d’approvisionnement internationales et les investissements engagés dans les transports, l’énergie et le tourisme.

Le retour du Maroc dans la catégorie des signatures souveraines de qualité investissement (investment grade) chez S&P Global Ratings, en septembre 2025, constitue un autre élément favorable à son positionnement auprès des investisseurs institutionnels, comme l’a confirmé le ministère de l’Économie et des Finances.

Pour le Royaume, l’enjeu est désormais de transformer cette attractivité en investissements productifs durables, capables de soutenir l’emploi, la montée en gamme industrielle et la création de valeur sur le territoire.

Un classement qui mesure davantage que la puissance économique

Le rapport de RMB examine 31 économies africaines à partir de 20 indicateurs regroupés en quatre grands ensembles : la performance et le potentiel économiques, l’accessibilité des marchés et l’innovation, le climat de l’investissement, ainsi que le développement social et humain.

L’édition 2026-2027 introduit également une lecture complémentaire de la vulnérabilité et de la résilience des économies face aux chocs.

Le classement ne mesure donc ni la taille absolue des économies ni les seuls volumes d’investissements effectivement reçus. Il apprécie les conditions structurelles offertes aux investisseurs et leur capacité à s’inscrire dans la durée.

Cette distinction permet notamment de comprendre pourquoi les Seychelles et Maurice occupent les premières places malgré des marchés intérieurs bien plus modestes que ceux de l’Égypte, du Maroc ou de l’Afrique du Sud.

Nigeria en progression, Sénégal en difficulté

Le rapport révèle également d’importants mouvements ailleurs sur le continent.

Le Nigeria réalise la plus forte progression de cette édition, avec sept places gagnées pour atteindre le onzième rang. RMB attribue cette amélioration aux réformes économiques engagées, notamment la suppression des subventions sur les carburants, la libéralisation du marché des changes et la révision des statistiques économiques.

À l’inverse, le Sénégal enregistre un recul marqué, de cinq places jusqu’au dix-neuvième rang, pénalisé par les turbulences politiques, les interrogations sur la crédibilité de ses finances publiques et les dégradations de sa notation souveraine.

Ces évolutions illustrent le poids croissant de la stabilité macroéconomique, de la crédibilité des politiques publiques et de la capacité d’exécution des réformes dans les décisions d’investissement.

Pour le Maroc, la quatrième place obtenue dans le classement RMB traduit la reconnaissance, par une grande banque d’affaires sud-africaine, d’un déplacement progressif des équilibres industriels du continent.

L’Afrique du Sud conserve la puissance de son économie et de ses institutions financières. Le Maroc, lui, gagne du terrain grâce à une stratégie d’industrialisation, de connectivité et d’ouverture aux marchés internationaux dont les résultats deviennent de plus en plus visibles dans les comparaisons africaines.

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