Paris a réitéré, vendredi 30 octobre, sa position en faveur de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Devant le Conseil de sécurité, l’ambassadeur français Jérôme Bonnafont a également confirmé que le plan d’autonomie marocain devait constituer l’unique base des négociations destinées à parvenir à un règlement définitif du différend.
La France a renouvelé son soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara lors des discussions du Conseil de sécurité consacrées à l’avenir de la MINURSO.
Dans son explication de vote, l’ambassadeur français auprès des Nations unies, Jérôme Bonnafont, a réaffirmé que le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivaient dans le cadre de la souveraineté du Maroc.
Cette déclaration confirme la continuité de la position française, à un moment où le Conseil de sécurité n’a pas été en mesure de reconduire le mandat de la mission onusienne.
Conseil de sécurité des Nations unies · France
La France au Conseil de sécurité : les déclarations intégrales de Jérôme Bonnafont
Souveraineté marocaine, plan d’autonomie, avenir de la MINURSO et veto russe : les deux prises de parole de l’ambassadeur français, reproduites dans l’ordre des débats.
Après le veto russe au projet américain
La France réaffirme la souveraineté marocaine et défend la MINURSO
Projet S/2026/868 · 11 voix pour, 1 contre, 3 abstentions
Merci, Madame la Présidente. Madame la Présidente, la France regrette vivement le vote contre de la Russie sur cette résolution qui visait à renouveler le mandat de la MINURSO.
La MINURSO joue un rôle essentiel pour la stabilité de la région. Elle aide à favoriser la confiance que requiert l’avancement du processus politique. Sa fermeture abrupte serait extrêmement préoccupante dans un contexte de regain des tensions dans la zone.
Le projet de résolution présenté par les États-Unis représentait un important pas en avant en faveur du processus politique. La résolution 2797, adoptée l’an dernier, avait marqué un tournant décisif pour le règlement définitif du conflit. Il est navrant que le Conseil ne soit pas en mesure de construire sur ces acquis.
Nous saluons les efforts menés par l’envoyé personnel du Secrétaire général et les États-Unis pour faciliter les négociations directes entre parties, et leur réitérons notre soutien. Il est impératif que les discussions reprennent en vue d’une solution négociée, juste, durable et mutuellement acceptable. Notre position est connue.
Pour la France, le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine. C’est donc bien sur la seule base du plan d’autonomie marocain que nous appelons au réengagement des discussions pour aboutir à une solution juste, durable et négociée.
Enfin, nous déplorons le rejet de cette résolution par des membres du Conseil, alors qu’elle exprimait le soutien de ce Conseil au Haut-Commissariat aux réfugiés pour la mise en place de solutions durables pour les réfugiés sahraouis, dans le plein respect du droit des réfugiés.
Il est temps d’avancer. Le statu quo n’est pas une option. Je vous remercie.
Après le rejet du projet russe
Paris dénonce l’obstruction de Moscou et défend la reprise des négociations
Projet S/2026/870 · 3 voix pour, 1 contre, 11 abstentions · France : abstention
Madame la Présidente, Madame la Présidente, la France s’est abstenue sur ce projet de résolution en raison de l’obstruction de la Russie, qui a fait le choix de faire tomber le projet de la plume américaine, puis de mettre au vote à la hâte un projet concurrent. Nous ne cautionnons pas cette manœuvre.
La plume avait mené un processus de négociation inclusif visant à trouver un équilibre sur le texte. Chaque membre de ce Conseil a eu la possibilité d’exprimer ses vues sur le projet américain et de proposer des amendements, dont beaucoup ont été pris en compte. La Russie a choisi une autre voie, celle du rejet en bloc, de l’absence d’engagement et de l’usage brutal du veto.
Ce ne sont pas les méthodes qui permettent à notre Conseil de parvenir à des solutions communes pour la paix et la sécurité internationales. Le projet de résolution américain a recueilli le soutien de 11 membres du Conseil. Il est temps que la Russie écoute la voix de ce Conseil, plutôt que de chercher à détruire une nouvelle fois les mécanismes qui défendent les principes et les valeurs de l’ONU.
Par sa résolution présentée tardivement, la Russie cherchait à prendre en otage la MINURSO. C’est inacceptable, alors que cette mission joue un rôle essentiel de stabilisation. Elle aide à favoriser la confiance que requiert l’avancement du processus politique. Sa fermeture est extrêmement préoccupante dans un contexte de regain des tensions dans la zone.
Madame la Présidente, la France entend activement œuvrer vers la perspective d’une solution politique et au maintien des conditions qui protègent la paix et la sécurité, et réduisent tout risque d’escalade. Le renouvellement du mandat de la MINURSO y contribuerait. Il en va de notre responsabilité collective en tant que garants de la crédibilité de ce Conseil.
Vous connaissez notre position sur le règlement de la question du Sahara occidental, dans le respect des droits des populations et du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Nous l’avons réitéré il y a quelques minutes.
Il est urgent que les négociations entre parties puissent reprendre sur la base du plan d’autonomie marocain, en vue d’un règlement politique définitif du conflit. Je vous remercie.
Le représentant français a également rappelé le soutien de Paris à l’initiative marocaine d’autonomie, considérée comme la « seule base » des négociations pour parvenir à un règlement définitif du différend.
La France appelle ainsi à la reprise des discussions autour de cette initiative, dans la perspective d’une solution politique négociée et durable.
La position française comporte deux dimensions complémentaires : la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le territoire et la volonté de poursuivre une démarche diplomatique fondée sur le plan d’autonomie proposé par Rabat.
Elle intervient dans un contexte de transformation du traitement du dossier saharien au sein des Nations unies, après 35 années de présence de la MINURSO.
Pour Paris, l’évolution du cadre onusien ne remet pas en cause la nécessité d’un règlement politique. Elle renforce, au contraire, l’importance d’engager les discussions sur la base de la proposition marocaine.
La France confirme ainsi, devant les membres du Conseil de sécurité, la ligne diplomatique qu’elle entend défendre concernant l’avenir du Sahara.




