Sahara marocain : le Canada sort de l’ambiguïté et reconnaît le plan d’autonomie

Le Canada, longtemps perçu comme l’un des derniers bastions de résistance de la sphère anglo-saxonne sur le dossier du Sahara marocain, vient à son tour de franchir le pas. Ottawa reconnaît désormais le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme une base sérieuse et crédible pour une solution mutuellement acceptable, quelques jours seulement après la réaffirmation par le Royaume-Uni de son appui à cette même initiative, à l’occasion de la visite de Nasser Bourita à Londres. Cette évolution intervient après plusieurs mois de crispations diplomatiques entre Rabat et Ottawa, nourries notamment par des signaux jugés insuffisants après l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, le 31 octobre 2025. Avec cette annonce, le Canada s’inscrit enfin dans la nouvelle grammaire onusienne du dossier, où l’autonomie sous souveraineté marocaine s’impose progressivement comme le cadre central d’un règlement politique.


La formule retenue ce jour par Ottawa marque un changement politique significatif. Dans un compte rendu publié mardi 28 avril 2026, Affaires mondiales Canada indique que la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, s’est entretenue avec son homologue marocain, Nasser Bourita, au sujet des relations bilatérales entre le Canada et le Royaume du Maroc, ainsi que de la position canadienne sur la question du Sahara.


Le Canada affirme désormais reconnaître le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme « base d’une solution mutuellement acceptable » et comme une initiative « sérieuse et crédible » en vue d’un règlement juste et durable du différend régional autour du Sahara marocain. Cette évolution reprend les paramètres qui structurent, depuis plusieurs années, le langage international autour du dossier, mais elle revêt une portée particulière venant d’un pays longtemps resté « prudent » sur cette question, pour ne pas dire réticent.

La diplomatie canadienne précise qu’Anita Anand a pris note de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025. Ce texte, inscrit sous l’intitulé « La situation concernant le Sahara occidental », a marqué une étape importante dans le traitement du dossier par les Nations unies, en appelant à des discussions fondées sur le plan d’autonomie marocain, présenté en 2007, tout en renouvelant le mandat de la MINURSO.

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La déclaration canadienne conserve toutefois les éléments classiques du langage onusien. Ottawa souligne la nécessité de parvenir à un règlement politique durable, juste et mutuellement acceptable, conformément aux principes de la Charte des Nations unies et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Mais la nouveauté tient à l’articulation désormais explicite entre ce cadre multilatéral et le plan d’autonomie proposé par le Maroc, reconnu comme base crédible de règlement.

La portée politique de l’annonce a été renforcée par une déclaration directe d’Anita Anand sur X. La ministre canadienne des Affaires étrangères y confirme avoir eu un échange avec Nasser Bourita afin de discuter de la position du Canada sur le Sahara occidental. Surtout, elle reprend à son compte la nouvelle ligne d’Ottawa : le Canada reconnaît le plan d’autonomie du Maroc comme « une base crédible et sérieuse » pour une solution acceptable par tous. En ajoutant son attachement à un règlement juste, durable et conforme aux principes de la Charte des Nations unies, Anita Anand inscrit cette inflexion canadienne dans le langage onusien, tout en actant l’entrée d’Ottawa dans la dynamique internationale désormais structurée autour de l’initiative marocaine.

Sur le plan bilatéral, le communiqué canadien insiste également sur la volonté des deux pays d’ouvrir une nouvelle phase dans leurs relations. Anita Anand et Nasser Bourita ont passé en revue les différents aspects de la relation entre le Canada et le Maroc, en réaffirmant leur attachement à une relation renouvelée, fondée sur le respect mutuel, le dialogue constructif et l’ouverture. La ministre canadienne a, dans ce cadre, exprimé son intérêt pour effectuer une visite officielle au Maroc dans les semaines à venir.  

Cette visite annoncée pourrait donner un prolongement politique concret à la nouvelle position canadienne. Elle devrait permettre d’approfondir le dialogue entre Rabat et Ottawa, non seulement sur le dossier du Sahara marocain, mais aussi sur les relations économiques, migratoires, éducatives et stratégiques entre les deux pays.

Pour le Maroc, cette reconnaissance canadienne constitue un signal diplomatique significatif. Elle confirme que le centre de gravité du dossier continue de se déplacer vers l’initiative d’autonomie, désormais considérée par un nombre croissant de partenaires comme le cadre le plus réaliste, le plus crédible et le plus opératoire pour parvenir à une solution politique. Elle montre aussi que la résolution 2797 du Conseil de sécurité produit déjà ses effets dans les capitales qui, jusqu’ici, entretenaient une position plus prudente, voire plus distante.

Cette position place le Canada dans le mouvement plus large de consolidation internationale autour de l’initiative marocaine. Plusieurs puissances et partenaires ont fait évoluer leur doctrine en faveur du plan d’autonomie, désormais considéré comme la solution la plus réaliste, la plus pragmatique et la plus durable au différend régional. La résolution 2797 a accéléré cette dynamique en donnant au plan marocain une place encore plus centrale dans les paramètres de discussion au Conseil de sécurité.

Rien que depuis le mois de mars, la Finlande, le Kenya, l’Équateur, l’Autriche ou encore l’Union européenne, entre autres, ont appuyé, réaffirmé ou consolidé leur soutien à l’initiative marocaine, confirmant l’élargissement progressif du consensus international autour de la proposition portée par le Royaume.

L’enjeu dépasse désormais la simple addition de positions nationales. Ce qui se dessine, à travers ces annonces successives, c’est l’installation d’une nouvelle évidence diplomatique : le plan d’autonomie marocain s’impose comme l’axe central de toute solution sérieuse. Pour Rabat, l’après-résolution 2797 ouvre ainsi une phase d’accélération, avec l’objectif de transformer l’élan onusien en dynamique irréversible vers le règlement définitif d’un différend régional provoqué, qui n’a que trop duré.

Nawfal Laarabi
Nawfal Laarabi
Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist 20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.

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