Casablanca : La plus Smart des cities?

Les lampions se sont éteints, hier jeudi, sur la 9ème édition du forum Casablanca Smart City, placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI. Le bilan des deux jours de ce rendez-vous s’est soldé par des interventions de qualité, des présentations éclairantes et instructives qui ont suscité des discussions animées, ainsi que par la satisfaction des participants qui ont apprécié la pertinence et la richesse des contenus.

L’événement Casablanca Smart City, tenu les 21 et 22 mai dans la capitale économique a été couronné de succès, avec des interventions pertinentes, des présentations instructives et une satisfaction générale des participants.
Lors de l’ouverture de cette édition, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a mis en avant l’importance de l’amélioration de la qualité de vie urbaine grâce aux avancées du numérique et de l’intelligence artificielle (IA), qui constituent l’un des piliers fondamentaux de la ville intelligente.


En soulignant le rôle central du numérique et de l’IA dans la construction d’un écosystème urbain innovant et durable, la ministre a précisé que les défis des villes intelligentes reposent sur la capacité à réinventer le cadre de vie urbain. Pour y parvenir, elle a préconisé une approche interdisciplinaire combinant urbanisme, technologies émergentes, gouvernance participative et inclusion citoyenne, plaidant ainsi pour une réflexion novatrice qui allie les impératifs du développement durable aux exigences de la ville intelligente.

Nabila Rmili
Nadia Rmili – Présidente du Conseil communal de Casablanca


De son côté, la présidente du Conseil communal de Casablanca, Nabila Rmili, a souligné l’importance de concevoir la ville intelligente comme un réseau interconnecté et interactif. Elle a plaidé pour une vision urbaine intégrée qui repose sur la proximité, la durabilité et la participation, en mettant en avant la dimension environnementale comme fondement du bien-être urbain.

Une ville intelligente prête, agile et profondément humaine

La présidente a insisté sur le fait que les villes de nouvelle génération ne peuvent être construites de manière isolée, mais plutôt dans un esprit de coopération, d’amitié et d’échange. Elle a salué l’initiative du Roi visant à créer des plateformes régionales de réserve de première nécessité, y voyant un exemple concret de ville intelligente qui est non seulement « prête, agile » mais aussi « profondément humaine ».

jouahri
Mohamed Jouahri – DG SDL Casa Events

De son côté, Mohamed Jouahri, directeur général de Casablanca Events & Animation, a expliqué que cette édition, qui a pour thème « Smart NextGen Cities : Innover pour une métropole durable et inclusive », vise à aller au-delà de la simple innovation technologique pour promouvoir une transformation profonde de notre relation avec la ville. 

Il a relevé que les technologies émergentes offrent de nombreuses opportunités pour relever les défis urbains, notamment en matière de mobilité, d’infrastructures sportives, de gouvernance, d’inclusion sociale et d’employabilité.

abdellatif maazouz
Abdellatif Maâzouz – Président du conseil de la région Casablanca-Settat

Dans son allocution, Abdellatif Maâzouz, président du conseil de la région Casablanca-Settat, a mis en avant que le développement des villes intelligentes s’inscrit dans un contexte marqué par des mutations économiques, sociales et environnementales profondes. 

La ville intelligente, a-t-il souligné, doit être appréhendée comme une réponse stratégique aux défis contemporains, en intégrant le passé, les territoires et les perspectives d’avenir.

Pour lui, la résilience des villes repose sur une gouvernance collaborative entre les territoires, tandis que l’émergence de l’intelligence urbaine nécessite un environnement ouvert favorisant la synergie, le partage des connaissances et la mutualisation des expériences.

Anouar Sabri
Anouar Sabri – président du Groupe de Travail Parlementaire sur l’IA et fondateur des Impériales

S’exprimant à cette occasion, Anouar Sabri, président du Groupe de Travail Parlementaire sur l’IA et fondateur des Impériales, a mis en avant l’importance de considérer la ville intelligente comme un projet humain et social avant tout. Pour lui, la réussite d’une telle ville repose sur l’intelligence collective de ses habitants, qui doivent travailler ensemble pour atteindre un objectif commun : le bien-être de tous.

Anouar Sabri a insisté sur la nécessité de créer une conscience urbaine fondée sur la mémoire collective, la diversité et la coopération entre les habitants. Il a souligné que les technologies, malgré leur puissance et leur capacité à transformer la ville, ne sont que des outils au service de cette vision. Les technologies doivent être utilisées pour renforcer les liens sociaux, améliorer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable.

Le président du Groupe de Travail Parlementaire sur l’IA a également mis l’accent sur le rôle clé de l’IA et des « civic techs » dans la rénovation de la gouvernance publique. D’après son opinion, ces technologies peuvent aider à améliorer la transparence, la participation citoyenne et l’efficacité des services publics. Cependant, il a insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre législatif national pour réguler l’usage de l’IA et garantir que ces technologies soient utilisées de manière éthique et responsable.

Enfin, Anouar Sabri a plaidé pour la création d’une autorité indépendante chargée de veiller à l’application de ce cadre législatif et de garantir que les données personnelles des citoyens soient protégées. Il a également souligné l’importance d’une meilleure gouvernance des données pour assurer que les citoyens aient accès à l’information et puissent participer de manière éclairée à la prise de décision.

Vers une meilleure qualité et de vie des citoyens et des services

Lors de son intervention, Badre Tnacheri Ouazzani, vice-président du Conseil de la ville de Rabat, chargé de la coopération internationale, a, quant à lui, présenté les résultats probants de la capitale en matière de gouvernance participative locale. Cette approche, qui allie innovation, concertation et durabilité, aurait permis, selon lui, à la ville de répondre de manière efficace aux besoins de ses citoyens.

En mettant en avant l’importance d’une stratégie territoriale intégrée, Badre Tnacheri Ouazzani a souligné le rôle clé des sociétés de développement locales et des partenariats public-privé dans la mise en œuvre de cette approche. 

« Les chiffres sont éloquents : la digitalisation des services municipaux a amélioré la qualité des services publics, la promotion de la mobilité durable a réduit les embouteillages et les émissions de gaz à effet de serre, et l’élargissement de l’accès aux infrastructures sportives, culturelles et environnementales a contribué à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens », nous a-t-il confié, notant que « cette expérience réussie de Rabat en matière de gouvernance participative locale constitue un modèle pour les autres villes qui cherchent à améliorer la qualité de vie de leurs citoyens et à promouvoir un développement durable et inclusif ».

Moult intervenants se sont ainsi succédé, durant ces deux jours, pour réitérer l’importance d’une approche collaborative, inclusive et durable, mobilisant technologies, gouvernance innovante et participation des citoyens pour façonner des métropoles résilientes et intelligentes.

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