L’ambassade de Russie aux Pays-Bas a vivement réagi, jeudi 8 octobre 2026, aux déclarations de la ministre néerlandaise de la Défense, Dilan Yeşilgöz-Zegerius, qui a publiquement qualifié la Russie d’« ennemie ». Dans un communiqué transmis à l’agence TASS, Moscou exige une clarification officielle de La Haye et avertit que toute atteinte à sa sécurité ou à sa souveraineté entraînerait une riposte « immédiate, rapide et écrasante ».
La controverse a éclaté lors d’un débat consacré au budget de la Défense devant la Chambre des représentants néerlandaise. Évoquant la guerre en Ukraine et la multiplication des menaces hybrides en Europe, Dilan Yeşilgöz-Zegerius a déclaré : « La Russie est notre ennemie. » Elle a précisé que cette qualification ne signifiait pas que les Pays-Bas étaient en guerre contre Moscou.
La réaction russe a été particulièrement ferme. Dans une déclaration adressée à l’agence TASS, l’ambassade de Russie à La Haye estime que les propos de la ministre dépassent les limites acceptables du langage diplomatique.
« En qualifiant publiquement la Russie d’ennemie des Pays-Bas, Mme Yeşilgöz-Zegerius a une nouvelle fois démontré l’engagement de La Haye dans une politique destructrice de confrontation », affirme la représentation diplomatique, qui accuse la ministre de chercher à provoquer un conflit armé avec la Russie.
L’ambassade interpelle directement le gouvernement néerlandais : la ministre s’exprime-t-elle au nom de l’ensemble du cabinet ? Ses déclarations traduisent-elles une orientation officielle vers une confrontation militaire directe avec Moscou ?
La diplomatie russe réaffirme que son pays n’entretient aucune intention agressive envers l’Europe ou les Pays-Bas. Elle accompagne cette position d’un avertissement explicite :
« Nous ne tolérerons aucune tentative de nous parler dans le langage des menaces et des ultimatums. Toute atteinte à la sécurité et à la souveraineté de la Fédération de Russie recevra une réponse immédiate, rapide et écrasante. »
La Haye assume la qualification d’« ennemi »
Interrogée par la télévision publique NOS, Dilan Yeşilgöz-Zegerius a expliqué que cette nouvelle terminologie ne modifiait pas la politique de défense néerlandaise. Elle a notamment invoqué les opérations de sabotage, les cyberattaques et les activités militaires russes pour justifier son choix de vocabulaire.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, a également confirmé, dans la soirée, que sa collègue s’exprimait au nom du gouvernement. Il a toutefois précisé que l’emploi du terme « ennemi » à la place d’« agresseur » n’entraînait aucun changement de politique et que les Pays-Bas n’étaient pas en guerre avec la Russie.
La séquence intervient dans un contexte de renforcement des capacités militaires néerlandaises et de la posture de dissuasion de l’OTAN sur son flanc oriental, sur fond de guerre en Ukraine et de tensions persistantes entre Moscou et les capitales européennes.


